L'hypocrisie et l'envie sont-elles des péchés?
Texte de la réponse
Résumé :
L’hypocrisie est un méfait tandis que l’envie n’est pas toujours répréhensible.
Réponse détaillée :
Définissons d’abord ce que nous entendons par hypocrisie. Celle-ci selon les sources musulmanes désigne l’une des deux choses suivantes :
-Afficher son appartenance à l’islam tout en mécroyant en ce message dans son for intérieur à l’instar des hypocrites de l’époque prophétique. Il ne fait aucun doute qu’un tel comporte est gravissime aux yeux de l’islam en raison de ce qu’il comporte comme duperie, mensonge et fourberie.
-Prendre pour habitude de mentir, de faillir à ses engagements, de trahir une confiance, et de se montrer grossier lors d’une dispute. Ces caractéristiques ont d’ailleurs été décrites par le Prophète lui-même dans le hadith suivant : « Quatre défauts font d’un individu un pur hypocrite et celui qui est affecté par l’un d’entre eux se sera imprégné d’un signe de l’hypocrisie jusqu’à ce qu’il le délaisse : lorsqu’un secret (dépôt) lui est confié il le trahit ; s’il s’exprime il ment ; s’il prend un engagement il ne l’assume pas et s’il se dispute il se montre vulgaire. » Rapporté par al-Bukhârî et Muslim.
Ces signes de l’hypocrisie énumérés par le Messager r et qui affectent la moralité sociale sont perçus comme des péchés gravissimes (kabâ’îr).
Et pour ce qui est de l’envie, elle n’est pas tout à fait considérée comme répréhensible, tout dépendra de la situation :
Si elle s’apparente à de la jalousie qui consiste à convoiter les bienfaits d’autrui et de souhaiter sa disparition pour celui qui les détient. Un tel comportement, il ne fait aucun doute, constitue une grave faute morale et un péché majeur. Car il revient à contester le destin divin et le sens du partage du Seigneur.
En revanche, si cette envie signifie espérer avoir les mêmes bienfaits qu’autrui sans lui souhaiter leur disparition, une telle attitude sera louable.
Le Prophète dit à ce sujet : « Il ne peut y avoir d’envie que dans deux situations : celle d’un homme à qui Allah a accordé la connaissance du Coran et qui le récite de jour comme de nuit, et celle d’un homme à qui Allah a prodigué une fortune et qui consent à la dépenser ]dans Sa voie[ de jour comme de nuit. » Rapporté par al-Bukhârî et Muslim.
Bien évidemment, les deux situations illustrées par le Prophète ne sont pas restrictives, elles le sont à titre indicatif.
Le Messager r donnant ici l’exemple de deux choses : l’une immatériel (le Coran) et l’autre matériel (les biens financiers). Et cette envie louable peut dès lors s’étendre à d’autres exemples.